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Traduction Intégrale de la première version de la Charte de Coutumes
de Labastide-Fortanière en 1238 (Labastide-Murat).
Soit connu à tous, présents et à venir, qui verront et entendront ces lettres que moi,
B. de Gourdon, j'ai bâti ce château de La Bastide pour protéger le chemin et pour les
terres des environs, j'ai voulu qu'il se peuplât d'hommes et de femmes et je leur ai
donné les coutumes suivantes :
1. - Franchise de quête et taille.
Tout homme qui demeure en ce château, qu'il y demeure franc, qu'on ne lui impose quête
ni taille.
2. - Liberté sous caution.
Nul homme, étranger ou du pays, n'y soit emprisonné, s'il peut satisfaire au
droit (1).
3. - Viguier.
J'ai institué ici un (ou des) viguier (2) pour percevoir les droits du seigneur
et les siens propres.
4. - Droits de justice.
Les droits de justice doivent être tels que ceux de Gourdon.
5. - Four.
Le seigneur a retenu ici son four, et il n'y en aura pas d'autre, mais le
viguier a le droit de cuire son pain. Pour le fournage, le seigneur doit avoir
le vingtième de ce qui sera cuit dans son four ; et le trentième de ce qu'on
apportera d'en dehors de la ville, qu'on en soit habitant ou non (3) ; et le
seigneur doit avoir ici son fournier, qui doit chauffer le four.
6. - Concession des lots.
Le seigneur a concédé les aires (4) au douzième denier (5) sans retenir
aucune autre redevance (6). Et qui aura travaillé son aire au début de l'an,
la gardera comme sienne ; si non, elle appartiendra au premier qui la prendra.
7. - Crédit du seigneur.
Le seigneur doit avoir crédit dans la ville pendant 14 jours, et que l'on soit
bien fidèle (7).
8. - Service militaire.
Et droit d'exiger qu'on le suive (à la guerre) (8) lorsque les autres gens de
sa terre le suivront.
9. - Obligation de résider pour louer une maison de commerce.
Nul homme ne doit prendre à louage une maison pour vendre ni pour acheter sans
s'être rendu habitant de la ville, à la connaissance des prud'hommes.
10. - Défense de débiter du vin sur la route de Rocamadour.
Nul homme de sa juridiction (9) ne doit tenir taverne depuis Rocamadour jusqu'à
Saint-Sauveur.
Et pour plus de validité, moi, B. de Gourdon, j'ai donné ces lettres scellées
de mon sceau.
Elles furent données l'an de l'Incarnation de Notre-seigneur
M CC XXX VIII
Signé : Bertrand de GOURDON

(1) Ces derniers mots nous ont paru pouvoir traduire littéralement l'expression
"drech far", dont le sens est proche de "fournir caution",
"offrir du répondant".
(2) Pluriel douteux.
(3) La vente à La Bastide de pain fait à Gourdon est attestée en 1324 à
l'occasion de contestations relatives aux droits de péage.
(4) Il n'est pas précisé ce qu'on entend par "ayrals", mais il
s'agit ordinairement de lots à bâtir avec une partie de jardin ou de
"patus".
(5) Un denier sur douze de l'estimation des terres concédées.
(6) Le mot "servizi" a peut-être ici un sens plus large que redevance,
terme qui évoque une rente en numéraire.
(7) Et que nous nous y tenions bien fidèlement.
(8) Le terme "seguda" est à rattacher au verbe "deu aver"
du membre précédent.
(9) "seu" désigne encore le seigneur, comme le confirme le texte plus
précis de la charte suivante.
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